Peindre des figurines – Partie 3

Maintenant que nous avons parlé des toutes les étapes préparatoires, nous allons enfin parler de la peinture. Comme il s’agit d’un projet assez long et parce que je veux expliquer certaines techniques, nous allons seulement parler du dragon lui-même dans cet article. Il y aura d’autres articles pour le trône et le roi des tombes.

Vidéo professionnelle de Games Workshop

Quand j’ai peint le dragon d’os, j’ai suivi, en grande partie, les instructions de cette fantastique vidéo-guide par les artistes professionnels de Games Workshop. Si vous prenez le temps d’écouter cette vidéo de vingt-deux minutes, vous aurez une explication extrêmement détaillée de tout le processus. Vidéo en Anglais.

Du plastique gris aux os vieillis

J’ai commencé par appliquer sur les sous-assemblages une bonne couche sous pression de la couleur Wraithbone, qui est un blanc mat qui tire très légèrement vers le jaune. Toutes les pièces ont reçu une sous-couche avec cette couleur, question d’uniformité.

Bombe typique Citadel Color pour les sous-couches, ou du « primer » en bon Français.

L’avertissement de danger extrême est pour le porte-feuille.

Et si vous pensez que c’est la pire, vous avez pas vu le prix des bombes de métallique…

Ça me paraît étrange d’utiliser le terme uniforme alors que je regarde les photos et qu’avec l’éclairage néon et l’angle, on dirait que les pièces ont reçu une des sous-couches de couleurs différentes. On va mettre ça sur le dos de la caméra et mes talents d’amateur en photographie.

Pour obtenir une couleur d’os réaliste (ou non), plusieurs mélanges sont possibles. La vaste majorité sont en fait la même technique mais c’est le choix des couleurs qui change. Pour ma part, j’ai suivi les conseils de la vidéo et le résultat me plaît davantage que les couleurs que j’avais employées dans le passé.

Voici deux exemples de mélanges communs pour les squelettes:

Les deux lanciers squelettes ici ont reçu une sous couche de blanc.

Celui de gauche a ensuite reçu une bonne couche de Agrax Earthshade puis un brossage à sec avec un blanc plus jaunâtre.

Le squelette de droite a reçu un bain de Nuln Oil avant son brossage blanc.

En effet, j’utilise pour le dragon une peinture commercialisée par Games Workshop sous le nom de ‘Contrast Paint’. D’autres compagnies offrent un produit semblable sous d’autres noms tels que Speed Paint pour Army Painter ou XPress Color de Valejo. Puisque j’ai utilisé de la peinture Citadel (Games Workshop) pour peindre le dragon, nous nous en tiendrons au terme Contrast Paint pour le reste de l’article.

Pour donner une explication rapide, la Contrast Paint est une peinture très transparente, faite pour que ses pigments s’accumulent particulièrement facilement dans les craques d’une modèle, ce qui crée un effet d’ombrage acceptable à franchement joli avec un minimum d’efforts.

Dans le cas du dragon d’os, le mélange proposé était quatre parts de Contrast Medium (la solution commune des Contrast Paint mais sans pigments, utilisée pour diluer les couleurs) avec une part de Skeleton Horde, une peinture brunâtre faite pour rapidement donner vie (eh) à des squelettes.

Diluer autant la peinture sur une palette humide nous aide à obtenir le ton désiré pour les os tout en rendant la peinture beaucoup plus facile à appliquer. En effet, sans vouloir décourager son utilisation, la Contrast Paint n’est pas si facile à utiliser que le matériel de marketing pourrait le laisser croire.

Elle a tendance à créer des taches sombres si on la laisse s’accumuler. Quand on voit la tache, on veut aller l’enlever et le résultat est généralement une zone qui reste plus pâle que ses alentours ensuite, comme la peau rose sous une gale fraîchement tombée. Un peinture bien diluée forme moins facilement ce genre de tache et glisse plus facilement dans les craques, c’est à dire là où on veut la diriger.

Une fois que la peinture de contraste a séché, ce qui est assez long (on conseille d’attendre une heure pour être certain), j’ai appliqué… une autre couche ! Cette deuxième couche a été concentrée sur les articulations des ailes afin de leur donner une couleur plus foncée.

Passons à une opération plus précise: j’ai appliqué une bonne couche de Backorder (si vous savez, vous savez) Chaos Abaddon Black (correction: finalement c’était du Black Legion) sur les griffes, épines et dents tout en faisant bien attention de ne pas dépasser (trop souvent) sur les os. Le Ulthan Grey lui ? On y arrive tout de suite:

Pour aller chercher plus de détails possible, il est recommandé d’ajouter par dessus la couche de base et les encres des éclaircissements. C’est principalement fait en utilisant ou couleur plus pâle que la couleur de base et on repasse le pinceau seulement sur les éléments surélevés qui attire la lumière et l’attention.

La lance de ce cavalier a été éclaircie avec Stormhost Silver. Regardez la pointe et les lignes qui en descendent

J’ai utilisé la technique du brossage à sec (dry-brushing en anglais) sur les parties en noir. Il s’agit d’une technique où l’on trempe un pinceau (généralement un pinceau plus âgé et fatigué car cette technique est assez mauvaise pour leur santé) dans une couleur et, ensuite, on essuie le pinceau sur un papier jusqu’à qu’il ne laisse plus de trace ou presque. Beaucoup testent sur les ongles ou le dos de la main également. Il faut ensuite frotter rapidement le pinceau sur les surfaces à éclaircir. La petite quantité de peinture restante va s’accrocher aux lignes saillantes de la figurine et faire ressortir les détails.

C’est comme ça que j’obtiens du détails sur les griffes et épines du dos. Sur les dents du dragon, l’effet n’a pas semblé faire grand chose. J’ai effectué sur les parties en noir le brossage à sec avec deux couleurs: Ulthuan Grey, pour les premiers brossages afin de ramener un peu de gris et ensuite j’ai fini avec un couche de Tyrant Skull (j’aurais pu utiliser Screaming Skull aussi) pour unir les parties de la figurine. Ça sonne intelligent dit comme ça mais je ne fais que répéter ce que le gars dans la vidéo disait.

Quand on aime les armées de morts-vivants, on accumule plusieurs pots de blanc, naturellement.

Pour ce qui est du squelette, j’ai uniformisé le tout grâce à plusieurs brossages à sec avec du Tyrant Skull, un pot préparé spécifiquement pour la technique de brossage. Certaines retouches et corrections furent faites avec Wraithbone, Ushabti Bone et Screaming Skull, dépendant du ton désiré sur les zones corrigées. Après plusieurs brossages, les os de mon dragon me faisaient penser à des os de poulet graisseux PFK. J’ai décidé que c’était mission accomplie pour l’apparence à ce moment.

On en parlera peu, mais les éléments en bois et en cuir du dragon ajoutent un contraste bien apprécié avec la grosse masse blanche. Malgré tout, pour le brun, il faut vraiment le chercher. Je n’avais pas le brun suggéré dans la vidéo mais j’ai du Mournfang Brown. Il fut assombri par une couche de Agrax Earthshade (et a peut-être en fait perdu de la définition dans le processus, tant pis !). Pour ce qui est des lanières de cuir, la couche de base est du Screamer Pink éclairci avec Pink Horror. J’ai trouvé Screamer Pink agréable à utiliser. Il a la même richesse de pigment que d’autres rouges comme Khorne Red et Mephiston Red, des couleurs faciles à appliquer. Pink Horror relève facilement les détails dessus, le brossage à sec ou le surlignage sont tous les deux faciles avec.

Passons maintenant à un des aspects que je préfère sur les figurines de rois des tombes: l’or et les joyaux ! En raison de la couleur dominante plutôt… naturelle du modèle, l’or chaud ainsi que les rouges et bleus vifs des pierres précieuses offrent un riche contraste et démontrent l’opulence des pharaons.

La couleur de base pour les bracelets et la couronne du dragon est le déjà chaleureux Retributor Armor. Ce qui change ensuite, c’est l’encre utilisée pour changer le ton dépendant du morceau.

Pour les bracelets, j’ai ensuite teint avec un mélange 50% Lahmian Medium (la solution claire pour la peinture standard GW) et du Reikland Fleshshade, une encre qui aide à obtenir un ton de peau rosé sur les teintes claires. Sur de l’or, ça rend la couleur métallique un peu plus chaude, peut-être même plus similaire au cuivre aussi selon le dosage. J’en ai mis 2 couches sur les bracelets afin que ça entre bien dans les hiéroglyphes.

Pour la couronne, l’encre utilisée est connue sous le nom de Agrax Earthshade, un ton terreux naturel qui est utilisé généreusement dans le hobby car il donne un air sale à presque toutes les couleurs, ce qui ajoute au réalisme des figurines qui ont vécu des combat. Ça ternit un peu l’éclat de l’or et ça permet à la couleur d’éclaircissement de se démarquer par la suite.

L’or étant posé, il m’a ensuite fallu travailler sur les différentes sections rouges et bleues que vous voyez sur la tête et les pierres précieuses des bracelets. Nous avons une alternance de Thousand Sons Blue et Mephiston Red. Comme vous pouvez l’imaginer, ceci a pris beaucoup de temps, et beaucoup de loupe aussi et malgré tout, au zoom, on voit des erreurs ! Une couche d’encre noire (Nuln Oil) a été appliquée sur les sections bleues et rouges afin de rendre les démarcations plus prononcées et aussi masquer légèrement les erreurs de transitions.

Dans la vidéo, ils ont rehaussé les sections rouges et bleues avec des éclaircissements. J’ai tenté le coup avec Ahriman Blue et Evil Sunz Scarlet, on peut le voir un peu sur les sections triangulaires de la couronne, mais en général je ne suis pas arrivé à reproduire l’effet des pros.

Poursuivant avec les rehaussements, j’ai passé une couche de Liberator Gold sur les éléments surélevés de la couronne, ainsi que les scarabées sur les bracelets. La pointe des piquants sur la couronne ont reçu une petite touche de Mithril Stormhost Silver.

Avec ceci, notre dragon est quand même pas mal avancé. Parlons brièvement de la base avant de mettre le tout debout.

La base est un grand rectangle, à peine assez large pour accueillir le corps du dragon. En effet, la tête et la queue dépassent de la base et pas juste un peu ! J’ai peint la base avec plusieurs couches de Zhandri dust, un brun sable. Je n’étais pas particulièrement inquiet de l’uniformité de cette couleur car je savais que j’allais recouvrir tout la surface de sable.

Pour la roche, et bien, une des ailes de notre monstre ainsi que les deux pattes avant y sont collées afin de lui donner sa stabilité. Une des pattes arrières est moulée dans un bloc de pierre qui se colle à la grosse roche aussi. J’ai eu un mauvais raccord avec cette partie et j’ai du utiliser du « Green Stuff » (un epoxy en 2 parties, jaune et bleue qui deviennent, une fois mélangés, vert… bien sûr.) afin d’avoir un meilleur alignement.

On commence à voir des retours hein ? Qui aurait cru que ça prendrait autant de couleurs pour faire une bête roche ?!

La roche elle-même fut sous-couchée en blanc puis repeinte en Mechanicus Standard Grey qui est un gris pratiquement de la couleur originale du plastique. Les crânes sur la roche suivirent la même formule que les os du dragon. Les scarabées sont peints en Stegadon Scale Green. La roche a ensuite subit des brossages avec plusieurs couleurs de plus en plus pâles. Malgré ça, les détails ne ressortent vraiment que sous une lumière, j’aurais du insister davantage.

Mais bref, assemblons ce dragon pour voir de quoi il a l’air à ce moment-là :

Ah oui, ça commence à avoir de l’allure hein !

Dans cette photo (que vous pouvez cliquer pour voir en plus gros) on peut voir le sabot en « Green Stuff » à l’arrière de la patte arrière qui touche la roche. On voit aussi que la roche est encore terne, j’ai du faire quelques brossages supplémentaires après avoir pris la photo.

Après avoir vu l’allure du dragon à ce moment, je n’ai pu résister à l’envie de le coller et de finir la base immédiatement. Normalement c’est quelque chose que je garde pour la fin, mais je voulais voir tout de suite le résultat.

J’ai fabriqué des petites bosses en « Green Stuff » pour essayer de donner des irrégularités à la surface avant d’appliquer le sable (que j’ai acheté en magasin en 2004 pour mes rois des tombes originaux si je me souviens bien..) Au final, je ne pense pas que ça a ajouté grand chose car j’ai pu faire des bosses avec les cailloux encore plus facilement. En fait, je dis facilement mais il a fallu plusieurs applications de colle PVA (la bonne vieille colle blanche qui sent drôle) et de sable pour couvrir les trous récalcitrants

J’ai voulu à l’origine y aller pour un effet où le sable déborderait du centre sur les côtés de la base. Cependant ce n’était pas très convaincant, on aurait plutôt dit que j’avais juste été paresseux avec mon application de sable. Alors, j’ai mis du sable sur le contour aussi quelques semaines plus tard.

Et voilà, c’est là qu’en était mon dragon quelques semaines avant sa finition. Dans un ou deux prochains articles, j’aborderai la peinture du trône et du roi des tombes.

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