Il y a 30 ans, la Nintendo 64 entrait dans nos salons
Dans mon temps…
Je m’en souviens comme si c’était hier… le temps passe vite quand même. Ce mois-ci, Trails in the Sky Second Chapter, un remake 20e anniversaire du meilleur jeu de toute la série Trails (non, ce n’est pas négociable comme opinion) est sorti. Il y a quinze ans, le Playstation Network se faisait pirater. C’était le même jour où j’achetais le remake 20e anniversaire de Final Fantasy 4. Cette année, Mario et Zelda fêtent leurs 40 ans et Ocarina of Time s’offre un remaster. Arrêtons-nous là avant je tombe en poussière, d’accord ?
Bref, remontons au Jeudi, 26 Septembre 1996, la date où la Nintendo 64 entra sur le marché nord-américain après un lancement très réussi au Japon en Juin. Bien que la date officielle du lancement était le 29 Septembre, c’est bien le 26 que tous les magasins l’ont mise sur les tablettes. Voyez-vous, dans ce temps-là, les grosses sorties, c’était les jeudis.
L’année avait déjà été chargée en émotions. Cet été, on a vécu le tristement célèbre déluge du Saguenay. Mes amis et moi sommes jeunes, entre 12 et 15 ans, mais assez vieux pour avoir compris la gravité d’un tel désastre. Aujourd’hui par contre, nous sommes prêts à passer à autre chose. Aujourd’hui, nous allons mettre la main sur la toute nouvelle console de Nintendo !
Je suis au secondaire à cette époque, mes amis proches aussi. La rentrée était il y a quelques semaines, le moral est bon et nous sommes tous fans de Nintendo depuis longtemps. Nous avons des NES, des Super NES, des Game Boys. Nous lisons Nintendo Power à la maison et dans l’autobus. Nous parlons de Nintendo sur l’heure du dîner. Nous pensons à Nintendo au lieu d’écouter en classe (pardon à mes professeurs!) Nous avons un plan, une combine d’acquisition qui devrait nous assurer la possession de trois exemplaires de la machine tant attendue au jour J.
J’assume un peu un rôle de coordonnateur dans cette affaire mais les vraies vedettes de cette entreprise sont ma mère et ses amies, qui étant employées au magasin, ont pu chacune se réserver un système avant leur mise sur les étagères. Ces machines sont pour mes amis et moi.
L’opération s’est bien déroulée et à mon arrivée à la maison après les cours, je confirme que la marchandise est là: trois boîtes de la console et trois copies de Super Mario 64. Nos parents nous imposent quand même la discipline élémentaire de souper avant d’éventrer les boîtes. Je téléphone tout de même à mes amis pour leur confirmer que tout se déroule comme prévu. Avant même que mes amis n’arrivent, conduits par leurs pères, mon frère et moi avons déjà connectée notre nouvelle console sur la télévision du sous-sol.
Mes amis restent un peu, l’un d’eux plus longtemps que l’autre car nos pères ont commencé à se parler pendant qu’on joue. Il fait noir quand mon dernier ami repart, sans doute pour jouer jusqu’à minuit. Le fait que nous avons de l’école demain est maintenant le cadet de nos soucis. On sait déjà de quoi ça va parler dans l’autobus et ensuite on aura la fin de semaine pour jouer à Mario 64 !
L’attente
Il faut dire que cette console et ce jeu, on les attendait depuis longtemps. Nintendo Power a commencé à parler du Project Reality dans le numéro 54 en novembre 1993. Évidemment, comme beaucoup des geeks de l’époque, nous lisons religieusement Nintendo Power. Nous avions donc 12 ou 13 ans quand nous avons lu cet article. Nous attendions, spéculions et rêvions donc depuis près de trois ans au moment de la sortie.
Par ailleurs, tous les articles promotionnels sur la Nintendo 64 seraient intéressants à disséquer. Cependant, comme chaque article pourrait justifier une publication à part entière, j’ai plutôt fait des résumés dans cette collection d’onglets à la place. Vous y trouverez des photos d’articles que j’ai relus, ainsi que mes remarques plus critiques sur la campagne de Nintendo pour nous vendre la console.
Le rêve , mais surtout l’attente, commencent avec l’annonce du Project Reality. À ce moment-ci, nous sommes encore en 1993. Notre imagination fait pratiquement tout le travail pour nous vendre cette console.
Seul bémol au tableau, ça ne fait que deux ans que nous avons un Super NES à la maison ! Déjà que les parents étaient découragés qu’il fallait racheter de nouveaux jeux là-dessus ça n’avait pas été facile de les convaincre qu’on serait tranquilles longtemps, Nintendo ne nous aide pas là…
On commence à essayer de nous rassurer sur le fait que Project Reality ne commet pas une erreur en utilisant des cassettes pour ses jeux en nous disant à quel point le temps d’accès est important pour le gameplay. C’était déjà un sujet controversé en raison de SEGA qui utilisait des CDs pour ses jeux et de la débâcle entre Sony et Nintendo qui allait mener à la création de la Playstation. L’argument de Nintendo sur les temps d’accès est pertinent mais le débat serait plus complexe que ça. Et oui, nous savions déjà que Nintendo le faisait pour garder le contrôle de la production et la publication, ce n’est pas une découverte récente..
Personnellement, bien qu’à ce moment je crois aveuglément Nintendo, je suis bien plus intéressé par l’article sur la page de droite qui nous annonce que le meilleur Final Fantasy s’en vient et aussi l’annonce du prochain numéro avec Super Metroid (numéro que ironiquement, je n’ai pas !)
Un article sur la « Dream Team« , un groupe de développeurs élites qui vont livrer les jeux du futur sur Project Reality. Un article qui fait rêver de par ses promesses, malgré qu’il ne montre, avec le recul, absolument rien de concret.
Il s’agit de gros noms de l’époque (du moins la plupart), avec un portfolio impressionnant soit à l’arcade, sur PC ou sur console. Alors, ça semble tout à fait crédible au moment de la publication de ce numéro et on y croit de bonne foi.
Si vous voulez mon avis, le nom Ultra 64 était très supérieur à Nintendo 64. J’ai même écrit à Nintendo par courriel à ce sujet à l’époque et ils m’ont répondu ! Malheureusement, je ne les ai pas convaincus.
Juin 1995, la console était montrée pour la première fois ! Avec cette révélation, un délais de lancement est annoncé, citant comme raison que les jeux ne sont pas encore pas prêts. C’était probablement vrai mais ce n’est pas exactement une chose dont Nintendo aurait du être fier. Les raisons pourquoi seraient une discussion à part entière.
On nous dit que le lancement est repoussé à avril 1996. Pour mieux faire passer la pilule, on annonce également dans ce numéro que Killer Instinct, qui devait être un jeu de lancement de la console, arrive en fait sur Super NES ! Les raisons données sont que c’est tout simplement possible grâce au talent de Rare et qu’il y aura une version encore meilleure de Killer Instinct pour Nintendo 64 plus tard. Au moins on a de quoi célébrer !
Nous voyons la manette pour la première fois ! À l’époque, je ne le réalise pas mais les couleurs des boutons sont les mêmes que sur les boutons de la manette de Super NES au Japon (et en Europe).
Notons également que le stick est plus gros que sur la manette finale et semble plus confortable à utiliser aussi.

Mario, Zelda (qui devait à l’origine sortir sur l’appareil additionel 64 DD mais sortira en cassette finalement), Wave Race, Star Fox, Mario Kart, Goldeneye et même Shadows of the Empire font partie des jeux promus dans ce numéro.
Un gros numéro, comme tous les numéros de Janvier. La couverture spéciale pour les abonnés est toute à l’honneur de la machine qui s’en vient. À l’intérieur, un article de plusieurs pages sur le Shoshinkai, le show électronique japonais dédié à Nintendo. On y voir la console, les différentes couleurs de manettes et il y a des mini articles sur les jeux les plus alléchants à venir.
Nous sommes rendus en 1996, la console sort cette année !
Le numéro 85 contient un spécial de trente pages sur les jeux qui s’en viennent ! On y trouve des articles sur Super Mario 64, Cruisn’USA, Waverace 64, Pilotwings 64, GoldenEye 007, Doom 64, Body Harvest, Blast Corps et un article de quatre pages sur Rare et un autre de deux pages sur Williams qui fait la promotion de Mortal Kombat collection (oui nous somme déjà rendu au 3e Mortal Kombat et une première compilation).
Ce numéro a un article sur E3 1996 qui nous apporte quelques informations intéressantes. En plus de faire la promotion de Super Mario 64 et quelques autres jeux, on y retrouve une entrevue traduite de Shigeru Miyamoto. Comme ma photo n’a pas sortie super, je vais résumer les points importants de l’entrevue:
- Confirmation que Yoshi est caché dans Mario 64 mais qu’il faudra jouer de manière exceptionnelle pour le trouver.
- Mario 64 fait environ huit méga-octets (64 mégabits) et grâce à la compression contient environ le double de cette quantité de données (on est très loin du mensonge d’un facteur de compression d’au moins 10 qu’ils nous ont lancé sans gêne dans le numéro 59 hein ?)
- Miyamoto a rejoint Nintendo avant que les jeux vidéos ne commencent à devenir populaires. Ce n’était pas son plan de carrière initial.
- Il fut très difficile pour Nintendo de choisir quelle perspective de caméra offrir dans le Mario 64. C’est pourquoi la manette permet de manipuler la caméra de nombreuses façons.
Dans les autres nouvelles, On commence à nous parler de la Game Boy Pocket, ce qui est important parce que croyez-le ou non, la Game Boy, qui s’en allait bon train vers la retraite en 1996, a soudainement obtenu un regain de vitalité avec l’arrivée d’un petite franchise que vous connaissez bien: Pokémon. Pour notre part, il faudra attendre encore 2 ans avant de découvrir cette franchise.
Ensuite, un petit article sur les modérateurs de la communauté en-ligne de Nintendo (et un même un petit coup foireux à SEGA), un article sur Pilotwings 64 et on nous annonce aussi que la Virtual Boy, un échec catastrophique qui empire en direct, passe de 200 pedo-dollars à seulement 100 un an après sa sortie. Si êtes trop jeunes pour avoir été là, imaginez le flop de la Wii U mais avec vingt fois moins de ventes.
Un autre spécial de 10 pages sur Super Mario 64. En relisant tous ces magasines, je vous avoue que j’ai senti une réelle sur-saturation de Mario 64. Avec le recul, je réalise que c’est parce qu’absolument rien d’autre n’était prêt.
Cependant je me souviens aussi qu’à l’époque, on ne ressentait pas cet agacement qu’on exprimerait bien plus rapidement aujourd’hui. Mario 64 était une véritable obsession et on n’en avait jamais assez.
Le prochain article est sur le lancement Japonais de la Nintendo 64 (qui eut lieu le 23 Juin 1996 en passant). On y apprend, sans grande surprise, que le demi million de boîtes de la console ont été écoulées en une seule semaine. Un signe des choses qu’on verrait aux nouvelles du soir en Octobre chez nous.
On continue avec la nouvelles sur la Game Boy Pocket, nous montrant avec calculs et photos que la nouvelle machine a un volume environ 50% inférieur à son ancêtre, un gain de portabilité substanciel. Plus tard, la Game Boy Color adoptera un format assez similaire également.
Je vous montre aussi un de challenges mensuels du magasine. La raison pourquoi je vous la montre, c’est qu’il s’agit d’une des deux fois où j’ai participé et fait parti des gagnants. Mon nom sera publié quelques mois plus tard parmi ceux capables de finir Killer Instinct sans perdre une seule fois à la difficulté la plus élevée. (Et sans me vanter, j’étais très bon à Killer Instinct alors ça n’a même pas été dur !)
Le numéro du lancement ! Avec une première pour une couverture de Nintendo Power, soit une image qui s’entend au devant et l’arrière. Pour une raison que j’ignore, j’ai deux copies de ce numéro dont une sans étiquette pour l’adresse. J’en déduis que ce numéro est arrivé en retard et que nous avons demandé un remplacement. Puis, finalement, la copie présumée perdue est arrivée.
Il est annoncé qu’avant la sortie, il sera possible de louer la console pour l’essayer (Vidéotron était le partenaire pour le Québec selon l’article). On continue de nous pousser les spécifications techniques dans le fond de la gorge une dernière fois. On nous rappelle aussi que les manettes sont disponibles dans les mêmes couleurs ‘Play It Loud‘ que le Game Boy.
Pour la première fois (mais pas la dernière), Nintendo se montre cheap en n’incluant pas le câble AV avec la console, se justifiant en disant que la plupart des acheteurs auront déjà le câble qui venait avec le Super Nintendo. Bien que ce soit vrai et qu’à l’époque je gobbe l’argument, ce n’était que les débuts de l’emmerdification qu’on connaît aujourd’hui où toutes les compagnies demandent le plein prix pour une offre incomplète.
Nous avons droit à un autre article sur Mario 64, nous faisant faire un tour rapide des premiers mondes. Certains autres jeux comme PilotWings 64, Cruis’n usa et Turok Dinosaur Hunter ont droit à deux pages chacun.
Mais bien sûr, on ne se contente pas du papier ! Sur nos modems 14,400 et 28,800 bauds, nous utilisons nos précieuses heures Internet (quand on était sur Internet par ligne téléphonique, on avait environ 50 heures par mois pour toute la famille !) pour visiter les sites de nouvelles comme n64.com, la Nintendo Power Source (le site officiel de Nintendo à l’époque) et bien sûr Cap Scott’s Nintendo Ultra 64 Web Page. Ce dernier fait des petits vidéos depuis l’été 1996 avec sa N64 importée du Japon. Pensez-vous que pourriez être excités de télécharger une vidéo grosse comme un timbre sur un écran moderne pour regarder quelques secondes de capture vidéo d’un niveau de Mario 64 ? Parce que moi, en 1996, je l’étais !
Enfin entre nos mains
Et alors, comment c’est d’enfin l’avoir cette console ? Mes premières impressions sont extrêmement positives. J’adore le look futuriste de la console et de la manette. Je suis de ceux qui pensent que la manette est absolument géniale. Je l’aime tellement que je débourse encore davantage pour acheter ma propre manette, la version noire. L’idée de vendre des manettes de différentes couleurs deviendra tellement populaire que Nintendo offrira plusieurs nouvelles variantes à l’avenir, comme les version en plastique fluo transparent (« atomic purple » étant assez populaire) et même des versions rares, comme la variante dorée.

Bon, c’est vrai, en termes de jeux le lancement est un peu chétif avec seulement Super Mario 64 et Pilotwings 64 mais Mario est tellement bon qu’on s’en sacre ! D’ici Décembre 1996, la console et Mario vendront 2 millions d’exemplaires sur le continent. Je n’ai pas trouvé l’article en question mais je me souviens que le premier million a été atteint très rapidement et même que nos bulletins télévisés au Québec en ont parlé en Octobre.
Waverace s’ajoute à la librairie environ 5 semaines après le lancement, avec sa physique, pour l’époque, impressionnante. En ce qui me concerne, et même si on loue Waverace quelques jours, je suis encore complètement emballé par Super Mario 64. Je joue jusqu’à obtenir les 120 étoiles. Cependant je dois admettre que immédiatement après, je ferme la console et ne la ré-ouvre pas pour plusieurs semaines.
Killer Instinct Gold arrive le 25 novembre. Enfin un peu d’action sauvage pour me satisfaire maintenant que j’ai exploré tout ce que Mario avait à offrir ! J’aime tellement ce jeu que je débloque tous les costumes de tous les personnages, ce qui implique de réussir les entraînements les plus difficiles où il faut mémoriser les combos car ils ne sont pas affichés à l’écran. Les affaires vont bien, Nintendo et Rare livrent la marchandise, on s’amuse.

Star Wars: Shadows of the Empire, célèbre pour sa version de la bataille de Hoth sort le 3 décembre, juste à temps pour se retrouver sous les sapins de Noël. Par ailleurs le Nintendo Power de janvier 1997, numéro 92 sera tout à son honneur avec ses 4 couvertures spéciales toutes inspirées de ce jeu.

Initialement, mon frère et moi ne nous rendons pas très loin mais sommes captivés par la bataille de Hoth et la longueur incroyable du niveau où il faut s’échapper de la base Echo. Éventuellement, avec beaucoup d’efforts, je réussis à terminer ce jeu plutôt difficile.
Février 1997, arrêtez tout ce que vous faites car Mario Kart 64 est arrivé ! Pratiquement toute notre génération a combattu dans le Block Fort et est tombée de Rainbow Road plus de fois qu’on ne veut l’admettre. Assez étrangement, malgré l’excellence de ce jeu, je ne l’ai jamais acheté. Cependant, les cousins du côté de ma mère l’avaient. Fait intéressant, enregistrer un fantôme occupe pratiquement la totalité d’une carte mémoire.. Je ne sais honnêtement pas à quoi ils ont pensé sur ce coup-là…

Fin mars, voici Doom 64, la cassette la plus chère que j’ai reçu en cadeau à environ 130$ avant taxes. Plutôt triste d’ailleurs que le prix des jeux remontent dans cette direction. Ce jeu est intéressant car jusqu’à relativement récemment, il n’avait jamais été rendu disponible sur une autre plateforme. J’insiste pour jouer à difficulté élevée et comme on ne peut sauvegarder qu’à la fin d’un niveau, je ne me rends pas très loin. Dans le cadre de cet article, j’ai rejoué un peu et je peux vous dire que maintenant que je suis rendu habitué à danser avec les démons sur PC (clavier + souris), jouer avec la manette de N64 est très difficile. Mais l’atmosphère est encore saisissante.

Juin 1997 nous apporte Starfox 64, avec le Rumble Pak. C’est possiblement le seul jeu de Starfox qui est globalement apprécié (sauf par moi qui préfère l’original.) Nintendo fait une belle petite campagne publicitaire pour le jeu, envoyant une vidéocassette à certains abonnés de Nintendo Power. Étrangement, le même de notre gang qui a eu la revue rare de janvier 1997 a également reçu la cassette publicitaire, toujours les mêmes qui sont chanceux ! Heureusement, cette petite pub bien cringe est maintenant disponible sur l’Internet pour la postérité.

Intéressons-nous un moment à ce fameux Rumble Pak. Il s’agit d’un appareil qui s’insère dans le connecteur des accessoires de la manette et offre la fonction de vibration que nous prenons pour acquise dans les manettes modernes. L’accessoire est un peu pesant avec deux piles dedans et très gros, ce qui peut mener à des douleurs aux mains si vous jouez avec pendant plusieurs heures.


Fin août 1997, c’est le célèbre GoldenEye qui nous est offert, et qui reste solidement ancré dans le lecteur de la console jusqu’à l’année suivante, à moins que vous le changiez pour Diddy Kong Racing en automne. En ce qui me concerne, je joue comme un malade à GoldenEye, à m’en donner mal à la main à cause du Rumble Pak, qui bien sûr fonctionne avec ce jeu. Mon meilleur exploit selon moi à ce jeu est d’avoir réussi le niveau Facility à la difficulté 00 Agent en moins de deux minutes et cinq secondes pour gagner la triche d’invincibilité !

Golden eye, he’ll do what I please
Golden eye, no time for sweetness
But a bitter kiss will bring him to his knees
S’ensuit une première moitié d’année soporifique en 1998, jusqu’à ce que sorte Banjo Kazooie fin Juin. Je ne remarque pas cette sortie, je suis en train de tromper Nintendo avec Sony. Cependant Nintendo a toute mon attention en automne pour le jeu le mieux coté de tous les temps: The Legend of Zelda Ocarina of Time. Encore une fois, les dames du magasin nous prêtent main forte pour que mes amis et moi puissions avoir chacun notre copie dorée édition collectionneur.

Par ailleurs, j’ai une anecdote amusante de mon temps au Cégep à ce sujet. Le lendemain de la sortie de Zelda, je devais donner sa copie à un de mes meilleurs amis. Je ne l’avais pas vu de l’avant midi mais sur l’heure du dîner, alors que je faisais le test pour être admis comme conseiller au centre d’aide en Français (et que je trouvais qu’on nous demandait d’écrire une lettre absolument lèche-botte pour y entrer), je vois passer mon ami par la porte entre-ouverte de la salle d’examen. Je froisse alors mon examen, le jette dans la poubelle devant la personne qui nous surveillait et pars rejoindre mon ami pour m’occuper de choses bien plus importantes: lui dire que sa cassette est dans notre casier partagé au sous-sol.
Après Zelda, je vous avoue que je décroche. La console perd pour moi presque tout intérêt. Depuis environ 2 ans, mon frère et moi avons acheté une Playstation (à contrecoeur initialement en ce qui me concerne) et sa vaste librairie de RPGs, un genre pratiquement inexistant sur N64, aura raison de ma réticence au même moment où Nintendo semble incapable de continuer à offrir un flux soutenu de nouveautés. Il continuera d’y avoir quelques sorties intéressantes, comme Mario Party (1999) et ses suites qui ramènent la console au centre du salon pour un dernier tour de gloire, puis d’autres jeux notoires comme Super Smash Bros (aussi 1999) et Conker’s Bad Fur Day (2001).
Pour moi, c’est trop peu, trop tard. Mes goûts ont changés. Je suis plus intéressé par ma Game Boy advance avec Golden Sun et les jeux PCs tels que Ultima Online, Starcraft, Diablo et Diablo II monopolisent mon attention. Par ailleurs, une version de Starcraft sortira pour N64 et Diablo sera disponible sur Playstation. J’ignore même la sortie de la Gamecube en 2001.
Conclusion
La Nintendo 64 a été un système important dans la transition vers le jeu en 3D et aussi joué un rôle dans la cristallisation de mes goûts et priorités. Est-ce que le système a été à la hauteur des attentes ? Je ne crois pas qu’on peut donner une réponse simple à cette question.
Il est indiscutable que la N64 a fortement aidé à l’adoption de la nouvelle technologie. Certains jeux tels que Super Mario 64, Mario Kart 64 et Zelda Ocarina of Time (99 sur Metacritic, le jeu le mieux coté de tous les temps) sont absolument légendaires. On pourrait dire que beaucoup de ce qu’on considère standard aujourd’hui trouve ses fondements à cette époque de découvertes. Par exemple, les quatre ports de manettes inaugurent le début du support quatre joueurs généralisé.
En ce qui concerne la manette… j’ai encore un faible pour elle. Il y a des critiques légitimes à son sujet mais son concept est vraiment cool ! Aucune autre manette ne donne la même satisfaction pour tirer du fusil et sa silhouette demeure iconique même aujourd’hui. Maintenant, toutes les manettes (à part les joycons) adoptent un profil ergonomique générique. Plus confortable, certes, mais un peu plate.
Cependant, avec les changements requis pour le développement 3D, il s’agit aussi d’une époque frustrante autant pour les joueurs que pour les concepteurs. Prenez votre liste de jeux préférés sur N64 et je ne serais pas surpris que la majorité, sinon tous ces jeux soient des jeux de Nintendo ou de Rare. La « Dream Team » s’est avérée une déception majeure.
Ajoutons à ceci que malgré toutes les belles promesses de Nintendo, la console n’était tout simplement pas assez puissante pour réaliser ses ambitions. Beaucoup de jeux, même certains venant d’excellents studios comme GoldenEye 007 de Rare souffrent de problèmes sérieux de performance.
De plus, nous ne recevrons jamais l’appareil 64DD, qui devait ajouter une capacité de stockage plus élevée. En effet le produit n’est lancé qu’au Japon, échoue lamentablement et n’est jamais commercialisé ailleurs. Nintendo va cependant vendre le module de mémoire RAM supplémentaire prévu depuis le tout début avec Donkey Kong 64 en Décembre 1999. En raison de cette stratégie de distribution incroyablement stupide, on peut compter sur les doigts d’une main les jeux qui utiliseront donc la mémoire supplémentaire: The Legend of Zela Majora’s Mask, Perfect Dark et Starcraft 64
La plupart des studios ont préféré concentrer leurs efforts sur Playstation pour plusieurs raisons, les principales étant le format CD et surtout, échapper au contrôle tyrannique de Nintendo sur le contenu. On pourrait dire presque sans exagérer que Final Fantasy 7 (ou en d’autres mots, le départ de Squaresoft) a gagné la guerre de consoles pour Sony tout seul. Mais la Playstation avait sa propre collection de jeux légendaires comme Castlevania Symphony of the Night, Metal Gear Solid, Twisted Metal, Resident Evil, Suikoden et des tonnes d’autres qu’il ne faut pas dénigrer.
Est-ce que je regrette la N64 ? Non. Quand j’ai acheté une Playstation, c’est parce que j’ai compris que les RPGs, le genre le plus important pour moi, ne seraient pas au rendez-vous sur Nintendo à partir de cet instant. La N64 est restée branchée sur la télévision pour d’autre jeux: Goldeneye, Mario Kart 64 et Mario Party par exemple. J’ai également continué de supporter Nintendo pendant longtemps mais pas avec la même loyauté aveugle que dans ma jeunesse.
Quand la N64 a été annoncée, son marketing a pu profiter de mon enthousiasme et de ma naïveté plus juvéniles. Quand ses faiblesses (et la malhonnêteté de son marketing) ont commencé à devenir plus apparents, j’étais rendu au Cégep puis à l’université. Moins naïf, plus enclin à essayer d’autres choses. Ces expériences m’ont permis de voir Nintendo avec un oeil plus critique. C’est peut-être la raison pourquoi je suis plus sévère envers la N64 et Nintendo maintenant, 30 ans plus tard.
Cependant, en écrivant cet article, en relisant mes Nintendo Power, en rejouant à ces vieux jeux sur ma console Analogue 3D et en repensant à mes amis du secondaire, j’ai reconnecté avec le moi des années 90. Je peux affirmer en toute sincérité qu’on s’est bien amusés quand même. Après tout, je n’aurais pas écrit 4600 mots sur le sujet si ce n’était pas le cas !









































